AV0RTEMENT: Marie-Louise 18 ans, Djibril Diouf 20 ans, ainsi que l’infirmier Charles Couly Sall, traînés à la barre

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Marie-Claude Thioune, son amant Djibril Diouf ainsi que l’infirmier Charles Couly Sall risquent gros devant le juge des flagrants délits de Dakar, où ils ont été traduits avant-hier, mardi. Mais, leur dossier a été renvoyé au 24 novembre prochain à la demande de l’un des avocats des prévenus. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, avortement et complicité de ce chef.

Marie-Claude Thioune, élève âgée de 18 ans en classe de seconde et domiciliée à Bene-Tally, son copain de 20 ans Djibril Diouf ainsi que l’infirmier de la clinique Dabakh Malick de Pikine, Charles Couly Sall, sont dans de sales draps. Pour des faits d’association de malfaiteurs, d’avortement et complicité de ce chef, ils devaient comparaître avant-hier, mardi, devant le juge des flagrants délits de Dakar. Mais, ils ont vu leur dossier renvoyé à la date du 24 novembre prochain, à la demande de l’un des avocats des prévenus. Sur les faits, il a résulté des consignations des agents enquêteurs que Marie-Claude Thioune et son copain Djibril Diouf ont par la même occasion noué une relation amoureuse à l’issue de laquelle elle est tombée enceinte. Etant tous les deux des écoliers et n’ayant pas les moyens de prendre en charge l’enfant, les tourtereaux ont décidé d’interrompre la grossesse puisque. Ainsi, ils ont requis les services de l’infirmier Charles Couly Sall, qui a procédé à cette opération moyennant 25.000 F.

La blouse blanche ayant remis à Marie-Claude des comprimés à ingurgiter, celle-ci s’est retrouvée avec des douleurs abdominales et des saignements vaginaux. C’est ainsi qu’elle a été conduite à l’hôpital. Sur les lieux, les médecins ont constaté qu’elle venait d’interrompre sa grossesse. Ce qui a poussé ces derniers à en informer le service de la santé de la gendarmerie nationale.
Cueillie par les éléments enquêteurs, Marie-Claude a reconnu les faits d’avortement et mouillé l’infirmier Charles Couly Sall comme étant l’auteur. «Pour me faire avorter, il m’a donné à boire 4 comprimés blancs vers 16h et 4 autres à 18 heures. Comme il faisait tard, il m’a remis 4 autres que je devais prendre à 21 heures», a narré Marie-Claude.

Djibril Diouf s’explique : «c’est parce que je ne pouvais pas prendre en charge l’enfant»

Auteur de la grossesse de Marie-Claude, Djibril Diouf a une première fois, dans sa déposition face aux enquêteurs, nié avoir incité sa copine à avorter. En plus de cela, il avait dit n’avoir jamais remis à celle-ci de l’argent pour se faire avorter. Mais, l’amant est revenu plus tard sur ses déclarations en soutenant avoir suggéré à Marie-Claude d’avorter parce qu’il ne pouvait pas prendre en charge cet enfant. Ainsi, il a avoué être au courant de l’avortement clandestin de sa petite-amie. Et mieux encore, il a discuté avec l’avorteur Charles Couly Sall et ils sont tombés d’accord sur la somme de 60.000 F Cfa.

L’infirmier Charles Couly Sall dit avoir agi par compassion pour aider la demoiselle

Désigné par les amants comme étant l’infirmier qui a interrompu la grossesse de Marie-Claude Thioune, l’infirmier Charles Couly Sall, lors de son audition, avait tout nié. Il avait déclaré avoir dissuadé la fillette de se débarrasser de sa grossesse. Ce, dit-il avant de lui prescrire une ordonnance. Mais quand il a été entendu une seconde fois, il s’est dédit en confiant avoir effectivement procédé à l’avortement de la prévenue moyennant la somme de 25.000 F Cfa. Il dit avoir remis 8 comprimés de Misoprostol en deux prises de quatre, en l’intervalle de deux heures environ. Cependant, il précise avoir agi par compassion pour aider la demoiselle qui avait fini de le convaincre que cette grossesse allait gâcher toute sa vie.

Fatou D. DIONELES ECHOS

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