Le couvre-feu n’a pas permis de baisser le nombre de nouveaux cas de Covid-19 à Dakar et Thiès (étude)

140

Le couvre-feu instauré depuis janvier dans les régions de Dakar et Thiès n’a pas pu empêcher que les nouvelles infections partent à la hausse, en raison de la baisse des températures et des arrivées internationales en provenance des pays impactés fortement par la Covid-19 (Europe, Amérique, notamment), selon une étude du Bureau de Prospective Economique (BPE).

A Dakar, eu égard à la baisse des températures moyennes entre décembre et janvier (de 21° à 18°) et à la hausse des arrivées internationales (non mises en quarantaine), le nombre de nouveaux cas attendu par le modèle en janvier est de 4.064 cas contre un chiffre effectivement réalisé de 4.042 cas. A Thiès, le nombre de nouveaux cas attendu par le modèle est de 947 en janvier 2021 contre un chiffré réalisé de 853.

Ce couvre-feu n’a pas aussi ralenti la dynamique de progression des nouveaux cas dans les deux régions et n’explique pas non plus la baisse de la part des régions de Dakar et Thiès dans le total des cas au Sénégal, selon travail mené par BPE.

Pour Moubarack Lo et compagnie, plusieurs solutions demeurent ainsi envisageables pour espérer freiner la dynamique de la pandémie dans le pays. La première solution c’est de maintenir le statu quo. Elle consisterait à maintenir les mesures barrières existantes et l’état d’urgence sanitaire actuellement en vigueur, assortis d’un couvre-feu de 21 à 5h dans les régions de Dakar et Thiès.

Toutefois, l’analyse qui précède a montré que cette situation n’a pas engendré de réels bénéfices au plan sanitaire. De plus, elle engendre potentiellement quelques impacts négatifs sur le plan économique et social.

La deuxième c’est de revenir aux mesures édictées entre fin mars et juin 2020. Cette option suppose de renforcer les mesures de restriction actuelles en étendant le couvre-feu aux autres régions du pays, en interdisant le transport interrégional et en fermant les établissements scolaires et les frontières.

Elle placerait le Sénégal dans le même contexte de confinement partiel de la période d’avril à juin 2020. Toutefois d’après une étude récente du BPE (2), si ce type de mesures est efficace en début de crise sanitaire, lorsque les infections sont à des niveaux bas, son utilité est fortement remise en cause dès lors que la courbe des infections se situe à des niveaux hauts. De plus, les mesures édictées entre avril et juin 2020 ont eu un coût considérable sur le plan économique et social.µ

Enfin, la dernière consiste à mettre un terme au couvre-feu, miser sur les gestes barrières et démarrer en mars 2021 la campagne de vaccination. Cette solution consisterait à maintenir l’état d’urgence sanitaire et l’interdiction des rassemblements publics et privés (de jour comme de nuit) et à lever immédiatement le couvre-feu en vigueur dans les régions de Dakar et Thiès.

En contrepartie, l’Etat mobiliserait très fortement les communautés autour du respect strict des mesures et gestes barrières (port du masque, distanciation physique, lavage des mains). Il veillerait également à l’abaissement à 30 FCFA du prix des masques jetables, fabriqués par les industriels locaux et vendus uniquement en pharmacie, ainsi que des masques lavables certifiés qui seraient vendus uniquement en pharmacie à 250F.

Cette option a l’avantage de présenter un coût différentiel faible sur le plan sanitaire et un bénéfice relatif considérable sur le plan économique et social, si on la compare aux deux autres solutions évoquées ci-dessus. De plus, le coût sanitaire de cette solution, évalué en termes de nouvelles infections, est appelé à se réduire à partir des mois de mars et d’avril 2021, en raison de la baisse générale des températures et de la réduction des arrivées internationales, deux dynamiques favorables, ainsi que du démarrage de la campagne nationale de vaccination selon les prévisions du Gouvernement.

SHARE